Ce blog est consacré au bouledogue.
Le bouledogue français ayant fait ses débuts mondains dans les milieux artistiques de la fin du XIXème et du début du XXème siècle, il est tout à fait logique qu'il ait été le sujet de très nombreuses oeuvres d'artistes connus de cette époque.
Peinture
Le peintre français le plus célébre a été, sans nul doute, Henri de Toulouse-Lautrec. Une photographie, prise en 1896 au Bosc, dans la cour du châteu familial, nous montre toute la famille Toulouse-Lautrec réunie, avec aux pieds de sa grand mère Gabrielle, le bouledogue français bringé Tuck.
Il en fera plusieurs dessins, dont une lithographie pour le menu du mariage de son cousin Emmanuel Tapié de Celeyran. Une très belle peinture du chien Bouboule, appartenant à Mme Palmyre, tenancière de maison close, figure au musée d'Albi.
Le peintre animalier Léon Danchin, dont les lithographies de chiens de chasse sont très nombreuses, a fait un très joli pastel de deux têtes de bouledogues français, dont il a été tiré plusieurs lithographies.
André Margat a souvent pris le bouledogue pour modèle et a illustré d'une splendide suite de bois gravés un ravissant livre d'Andrée Pragane, racontant la vie du petit thomas, un bouledogue français, bien entendu. Il a fait en 1950 un superbe pastel d'un bouledogue, Whisley de Gerenton, dont nous avons même les origines précises.
Plus récemment, c'est Andy Warhol qui a peint le chien d'Yves Saint Laurent.
On trouve cependant assez peu de peintures anciennes en France, alors qu'elles sont plus fréquentes en Grande Bretagne. L'un des peintres animaliers les plus réputés, peintre des chiens de la cour royale britanique, Frances Fairman (1836-1923), nous a laissé une très belle huile sur toile de Benoît, un chien bringé âgé. De très belles huiles ont également été peintes par Wardle et les eaux fortes d'Herbert Dicksee (1862-1942) sont réputées à juste titre.
Sculpture
De nombreux sculpteurs ont pris le bouledogue français pour modèle. L'un des plus célèbres, Rembrandt Bugatti (1884-1916) prit, en 1905, pour modèle le bouledogue français de sa mère. Il lui en dédicaçà un exemplaire et l'autre à son ami, le fondeur Valsuani. Il y a actuellement trois exemplaires grand format (28,4 x 27 x 18cm) et un peu plus d'une trentaine de pièces de plus petit format (14 x 13 x 8cm). La finesse de la sculpture, la qualité de la patine, le soin apporté par le fondeur Hébrard en font des pièces de grande valeur artistique et marchande.
Edouard Marcel Sandoz (né à Bâle en 1881 et mort en 1971 à Lausanne), céramiste, peintre, sculpteur, tomba lui aussi sous le charme du bouledogue français. Lors de son premier séjour en Italie, il rencontra une délicieuse dame d'un certain âge accompagnée d'un superbe bouledogue. Cette personne s'intéressa aux croquis du jeune homme. Le lendemain, un domestique le pria de se rendre chez la reine mère d'Italie, qui n'était autre que la propriétaire du beau bouledogue de la veille. Il fît donc de son chien un magnifique bronze.
Si l'achat d'une telle pièce n'est pas à la portée de toutes les bourses, on peut se contenter d'acquérir, si on la trouve, une porcelaine de Limoges, signée du même artiste, une mère bouledogue avec deux chiots, qui peut servir de bonbonnière ou de sucrier. Preuve que le bouledogue français était le compagnon des artistes, il pose au centre d'une photo de groupe, prise à l'Ecole des Beaux-Arts, en compagnie de Sandoz et Palma, son ami et praticien.
On attribue souvent à Pompon un très beau bronze, toujours dénommé "bouledogue" dans les revues spécialisées et les catalogues de vente ; il s'agit en fait d'un Boston Terrier qui appartenait à un ami proche. Cependant, à l'époque, le bouledogue étant plus fin et élancé que de nos jours, la confusion est explicable.
On peut citer biend 'autres sculpteurs, Samson, Dreux, Navellier, Lachambre, Tourgueneff, Coty, Boudarel et tant d'autres.